Floriane Blanc-Gilbert Psychologue Marseille 13012
9 janvier 2020 2026-09-10 15:58Floriane Blanc-Gilbert Psychologue Marseille 13012
Floriane Blanc-Gilbert Psychologue spécialiste du développement
Enseignante vacataire en psychologie à l'université d'Aix-Marseille Praticienne certifiée en Brainspotting Ancienne enseignante - chercheure en épistémologie des sciences médicales Docteure en histoire contemporaine
Bravo !
Vous l'avez franchi, ce premier pas, celui qui consiste à taper, dans un moteur de recherche, un tout petit mot : "psychologue".
Peut-être avez vous écrit "autour de moi" et vous avez cliqué sur mon nom ? Peut-être aviez-vous demandé conseil à une personne de votre entourage et elle vous a donné mon nom ? Et vous voici, peut-être un peu tremblant.e à l'idée de prendre rendez-vous ?
Je me suis interrogée, en préparant cette présentation, sur la manière de vous aider à faire le deuxième pas, c'est-à-dire décider si vous avez besoin de prendre rendez-vous...ou pas 😉 J'ai pensé que répondre à quelques questions courantes serait le plus utile. Parmi celles posées par les personnes qui vous ont précédé à mon cabinet, j'ai établi un "top 5" des interrogations les plus fréquentes. Peut-être y trouverez-vous celle(s) qui vous tracasse(nt) ?
En cinquième position, une interrogation que je trouve à la fois simple et touchante : "Est-ce que prendre rendez-vous avec vous signifie que je suis probablement fou.folle ?" Ma réponse étonne certain.e.s, et rassure surtout la majorité : la folie, cela n'existe pas. Ce qui existe ce sont des personnes qui ont vécu des événements si graves et douloureux que leur fonctionnement est durablement altéré. Et ces personnes ont besoin de médecins et de structures spécialisées complètes pour les accompagner. Dans la pratique du/de la psychologue libéral.e, ce qui existe ce sont des personnes qui avaient de plus ou moins bonnes stratégies pour faire face aux aléas du quotidien ou aux plus grands défis, jusqu'au moment M. Ce moment qui a fait chavirer leur embarcation. Pas parce que le capitaine ne savait pas naviguer, juste parce que c'était une vague scélérate. Le genre de vagues que, dans de nombreux cas, même les plus expérimentés ne réussissent pas à affronter. Par chance, ils sont remontés à la surface, mais la tempête est encore là, il faut trouver comment flotter, comment regagner le rivage. Ce qui existe également, ce sont les personnes qui n'ont pas nécessairement vécu d'événements majeurs, de ceux que la société qualifie de "traumas" et qui pourtant, ne vont pas bien. Dans de nombreux cas, ces personnes n'ont, uniquement et tout simplement, pas eu la chance d'apprendre les processus permettant de construire et préserver leur sérénité. Il y a même des personnes qui disent "n'avoir manqué de rien" et qui découvrent que, si, il y a bien eu un manque, un manque suffisant pour les mettre en difficulté. Que finalement, ce "rien" est loin de n'être pas grand chose...
En quatrième position, il y a la pragmatique "Je ne vois pas bien en quoi le fait de parler à quelqu'un pourrait m'aider ?" J'aime bien cette interrogation parce qu'elle me donne l'opportunité de préciser plusieurs aspects importants concernant la pratique des psychologues : nous n'exerçons pas tou.te.s de la même façon. Deux raisons à cela : la diversité des courants dans une discipline qui devrait être exprimée au pluriel - il y a des psychologies, comme il y a des mathématiques ; et, à l'intérieur de cette diversité de courants, dans chaque spécialité, une nouvelle diversité de voies pour accompagner les personnes. Dans ma pratique, je fais plus qu'"écouter" les personnes que j'accompagne - que d'ailleurs j'appelle "client" et non "patient". Je "traduis" ce que les personnes me disent en éléments de compréhension issus prioritairement de la psychologie et de la psychopathologie du développement et également d'autres courants scientifiques du champ de la psychologie et de la psychiatrie. Progressivement, le/la client.e et moi collectons les pièces et les assemblons pour donner du sens, identifier les points de vigilance et mettre en place des réponses adaptées face aux différentes problématiques soulevées. Parce que l'accompagnement ne consiste pas à ressasser encore et encore les événements du passé, il consiste à comprendre ce qui manque/a manqué à la personne pour faire face aux situations rencontrées, il nécessite dans certains cas de désensibiliser et retraiter la charge émotionnelle en Brainspotting et il requiert de tester des stratégies, comportements, modalités de fonctionnement différentes des précédentes pour construire de solides fondations pour la suite du parcours.
En troisième position, un grand classique "Je ne vais pas assez mal pour consulter". Étonnante persistance de l'idée que la consultation d'un.e psychologue est réservée aux situations de crise. J'ai souvent envie de répondre "Bien au contraire, c'est justement parce que vous n'allez pas franchement mal que c'est le bon moment pour consulter." Cela n'est pas encore clairement formulé et donc rarement su : consulter une fois que la situation a déjà atteint un certain niveau de gravité a une conséquence majeure. Il va falloir un temps long pour sortir de la crise et pouvoir en arriver à identifier ce qui y a conduit. Que vous commenciez à vous sentir mal est le signe que les stratégies que vous appliquiez jusqu'ici pour faire face aux difficultés rencontrées ne sont plus opérantes. C'est dès ce moment-là qu'il est préférable de consulter, afin de repérer rapidement ce qui rend caduques ces stratégies anciennes. Plus la consultation est précoce dans le processus, meilleures sont les chances d'éviter la situation de crise, plus court est le temps d'accompagnement - puisqu'il n'est pas nécessaire d'attendre la "sortie de crise".
En deuxième position, il y a l'économe "Est-ce que cela va être long ?" et sa maladroite variante "Combien de séances faudra-t-il ?". Il faut dire que le législateur n'a pas donné le bon exemple en estimant qu'il fallait exactement douze séances pour sortir d'une situation qualifiée de "légère à modérée" 😉 J'adorerais que l'exercice de la psychologie réponde aux mêmes dynamiques que celle de l'odontologie par exemple. Malheureusement, il n'est pas possible de quantifier l'accompagnement en psychologie comme il est possible de le faire d'une carie ou d'une infection dentaire. Pour une raison extrêmement simple mais apparemment peu ou mal comprise : chaque trajectoire est unique, tout comme chaque individu. L'interaction des deux conduit à un nombre variable de processus et de représentations ayant concouru à la situation. C'est l'ensemble qui doit être pris en charge ; ainsi, le temps nécessaire est différent en fonction des personnes.
Et en pôle position, il y a l'inquiète interrogation "Vous pensez que je suis "#étiquette diagnostique ou pseudo-diagnostique" ?" En santé psychologique et mentale, il y a, à propos des "diagnostics" ou des "pseudo-diagnostics", un malentendu important : quel que soit l'étiquetage, ce n'est pas une explication, c'est un constat. Devant un amas de cendre, dire qu'il y a eu un incendie ne donne aucune information sur les éléments qui étaient présents avant l'incendie, cela ne renseigne pas davantage sur les facteurs qui ont concouru à faire de ce qui était là un petit amas de cendre. Cela ne dit rien non plus de ce qui pourra pousser après le nettoyage de la parcelle. Pas plus que cela ne signifie que cela brûlera à nouveau ou que cela ne brûlera plus jamais. Il faudrait donc être aussi circonspect que sage avec l'étiquetage qu'avec les incendies : "ceci est un incendie". Aussi, pour cette raison autant que pour des raisons déontologiques - ce n'est pas de la responsabilité du psychologue de poser un diagnostic - je n'étiquette jamais mes client.e.s. Par commodité de langage, parfois, j'emploie l'étiquette avec un professionnel de santé mais en recourant aussi au point d'interrogation et uniquement comme si je parlais de pompier à pompier : je donne les informations dont l'autre pompier à besoin pour savoir de quel incendie il s'agit, et quels étaient les éléments de base. En clair, je le fais toujours avec prudence parce qu'en matière "d'incendie" psychologique ou mental, il n'est pas rare que certains se ressemblent étrangement... C'est également la raison pour laquelle j'ai choisi une approche dite "transdiagnostique" : elle permet de se concentrer sur les processus ayant concouru à l'incendie, sur les réponses ou remédiations à apporter, non sur les étiquettes conduisant à la dangereuse et (très) erronée conclusion que rien ne pourra jamais repousser ou que tout flambera nécessairement de nouveau.
Alors, prêt à prendre rendez-vous ?
Ou peut-être avez-vous besoin de mieux me connaître avant de vous décider ?